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Depuis 1950, le Déroulement de la peinture

Judit Reigl

9 octobre 2010 - 2 janvier 2011 Patio

Le musée des Beaux-Arts de Nantes organise une rétrospective de Judit Reigl présentant la richesse et la complexité du travail de cet artiste majeure. Son parcours est illustré à travers une sélection d’environ 90 peintures et quelques oeuvres sur papier issues de collections publiques françaises, de collections particulières françaises et étrangères ainsi que de l’atelier de l’artiste.

Présentation à la presse le 8 octobre à 11h30 en présence de Judit Reigl

Après avoir suivi les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Budapest de 1941 à 1945, Judit Reigl reçoit une bourse pour partir en voyage d’étude en Italie. Ce séjour initiatique durera trois ans et sera l’occasion de rencontrer les oeuvres qui sont à l’origine de son art tout en questionnant l’actualité de sa propre création. A son retour, Judit Reigl (née en 1923 à Kapuvar) décide de quitter définitivement son pays natal, la Hongrie, pour la France. Après huit tentatives, elle réussit à traverser le « rideau de fer » et arrive finalement à Paris le 25 juin 1950.
Elle peint des images oniriques qui attirent très vite l’attention d’André Breton. Toutefois, à la recherche d’un « automatisme total à la fois psychique et physique », elle entreprend à partir de 1953 la réalisation d’une oeuvre picturale abstraite, qui l’éloigne rapidement du groupe surréaliste. Ce moment de sa carrière est marqué par une intense gestualité et construit en séries (Eclatement, Centre de dominance). Au cours des années 1960, la figure humaine ressurgit à nouveau dans ses deux séries Homme et Drap, Décodage, mais de manière quasi spectrale, sur des fonds vides. Ses Déroulements des années 1973-76, définis par l’artiste en tant qu’« action dans la durée pour trouver cette source fixe qui permet que le mouvement existe », illustrent un nouveau un retour à l’abstraction et entérinent l’importance du geste dans la démarche picturale de l’artiste.
Le travail de Judit Reigl, de ses premières oeuvres jusqu’à ses développements les plus récents, témoigne d’un affrontement avec la matière et la forme, d’une insatiable recherche sur la matérialité de la peinture et l’identité du corps humain. Sa peinture échappe à toutes classifications puisqu’elle passe librement de l’abstraction à la figuration (anthropomorphique) sans contradiction aucune. Ces passages successifs, ces allers-retours clairement définis comme des séries par l’artiste elle-même caractérisent ainsi l’ensemble de son oeuvre.

Cette rétrospective présente de manière chronologique les grands moments qui jalonnent la carrière de Judit Reigl, et permet de rendre hommage à une artiste dont le parcours se situe à l’écart des modes mais croise cependant tous les questionnements de la peinture contemporaine. Les expérimentations de Judit Reigl sont proches de celles menées dans les années 50 par des artistes comme Degottex ou Hantaï, ou encore de celles du mouvement Supports-Surfaces dans les années 70.
Le parcours de Judit Reigl répond à celui de la collection de peintures du musée, ainsi parallèlement à l’exposition un nouvel accrochage sera proposé dans les salles d’art moderne et contemporain.

Judit Reigl. New York (11 septembre 2001), 2001 Judit Reigl. New York (11 septembre 2001), 2001