Exhibitions

Voyages entre Caraïbes et avant-gardes

Wifredo Lam

29 avril 2010 - 29 août 2010

Le musée des Beaux-Arts de Nantes présente la première grande rétrospective de Wifredo Lam en France depuis celle organisée en 1983
au musée d’art moderne de la Ville de Paris, après la mort du peintre.

De Composition 1 (1930) à Personnage à la main (1975) : l’exposition avec quelque soixante œuvres montre le parcours de ce peintre poète. De manière chronologique sera montrée une large sélection d’œuvres : des premiers travaux assez académiques, des illustrations d’ouvrages de ses amis poètes, des toiles de la très productive période des années 40, des céramiques qu’il réalise à partir des années 50. Une soixantaine d’œuvres issues de collections privées et publiques européennes sont pour l’occasion rassemblées. Cette exposition est réalisée avec le concours de la famille Lam
Né à Sagua la Grande sur l’île de Cuba, d’un père chinois et d’une mère d’ascendance africano-hispanique, Wifredo Lam a fait de son métissage culturel la ligne directrice d’une œuvre originale et très personnelle. .
Originaire de Cuba, carrefour de quatre mondes : l’Asie, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.
Wifredo Lam fait en Europe des rencontres décisives. C'est à Barcelone en 1928, où il est venu poursuivre des études artistiques, commencées à La Havane, qu’il voit pour la première fois des sculptures africaines. En Espagne également, il découvre le patrimoine européen Bosch, Brueghel l’ancien, Le Greco. En France il noue des relations fortes avec la création contemporaine, Picasso, les surréalistes, les poètes André Breton et surtout Aimé Césaire, rencontré en Martinique... Les échanges permanents qu’il entretient entre la Caraïbe (Cuba, Haïti) et l’Europe, de même que sa complicité avec l’avant-garde européenne ont permis à Wifredo Lam de construire une esthétique riche d’influences multiples.
Ses tableaux peuplés de créatures hybrides, envahis d’enchevêtrements végétaux, de déesses, de femmes –cheval portent des titres évocateurs de divinités afro-cubaines : Ana mu, Malembo, Elegua… Ailleurs hommes et forêt tropicale se confondent dans d’étranges paysages Jungle (1942-44), Lumière de la forêt, 1942.
Sans doute les figures violentes et tragiques, ou encore les signes, les thèmes récurrents dont la maternité que Wifredo Lam met en scène, ont-ils été inspirés par l’art océanien ou sont-ils issus de quelque bestiaire rituel haïtien ou encore de la Cabale. De même il est évident que les surréalistes qui découvrent l’art dit primitif et explorent de nouvelles pratiques d’introspection, comme sa proximité avec Picasso ont joué des rôles importants dans l’élaboration de ses œuvres. Cependant la force de Wifredo Lam est d’intégrer et créer tel un alchimiste doublé d’un passeur, un nouveau langage pictural, riche de plusieurs héritages et affranchi de ses antécédents.
Cette exposition permettra de découvrir avec un nouveau regard la carrière de Wifredo Lam, d’affirmer sa contribution unique à l’histoire de l’art du XXe. Il fut en effet un des initiateurs de l’interculturalité, du tissage-métissage artistique.

Vue de l'exposition Lam 2010 Vue de l'exposition Lam 2010
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